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Le Carillon : des commerçants et des riverains viennent en aide aux sans-abri

CARILLONMobiliser les commerçants et les habitants d’un quartier autour des SDF : c’est le défi relevé, en moins d’un an, par Louis-Xavier Leca dans neuf arrondissements de Paris. Grâce à un réseau de quartier, ce jeune entrepreneur social de 28 ans apporte une réponse à la solitude et à la perte de lien social dont souffrent les personnes sans-abri, deux maux à l’origine d’une marginalité chaque jour plus profonde.

La Fondation La Financière de l’Echiquier a financé l’équipement de la biscuiterie d’insertion à hauteur de 25000€

Les commerçants proposent des services aux sans-abri

Démarchés par l’équipe du Carillon, 200 commerçants affichent désormais sur leur vitrine des autocollants aux pictogrammes explicites qui indiquent les services offerts aux sans-abri : recharger un téléphone portable, donner accès aux toilettes, offrir un verre d’eau, faire une photocopie, réchauffer un plat… Informées grâce à un livret distribué par les maraudes de la Croix- Rouge, du Samu Social ou autres associations de quartier, les personnes à la rue peuvent donc compter sur un accueil bienveillant, au lieu d’être mises à la porte comme c’est le cas 9 fois sur 10. A travers ces services quotidiens, c’est un peu de chaleur humaine qu’offrent les commerçants à ces personnes « déshumanisées » par la rue.

Des propositions d’implication « à la carte » pour les riverains

Les habitants peuvent eux aussi adhérer au Carillon et s’impliquer de diverses manières. Lorsqu’ils font leurs courses chez les commerçants du réseau, les 240 adhérents du Carillon, reçoivent un « bon pour… » en échange de leurs achats. Par exemple, pour un menu consommé chez un restaurateur du réseau, le client se verra remettre un « bon pour un plat chaud » qu’il pourra offrir au SDF de son choix. Les riverains peuvent aussi participer, avec les SDF de leur
quartier, à des événements festifs, comme la confection et le partage d’un repas réalisé avec des invendus collectés auprès des commerçants.

De la manche à l’emploi

Mais Le Carillon a surtout à coeur de sortir les personnes à la rue de l’« assistanat » et de leur permettre de retrouver une estime de soi pour enclencher une dynamique de réinsertion

 

. 15 personnes sans-abri sont ainsi « ambassadeurs » bénévoles de l’association : ils jouent un rôle de client mystère auprès des commerçants pour s’assurer du bon traitement réservé aux SDF, ou accompagnent d’autres SDF qui n’osent pas pousser, seuls, la porte des commerces. Une autre initiative favorisant la réinsertion est la création d’une biscuiterie. Dirigée par Guillaume Holsteyn, un multi-entrepreneur qui a cohabité pendant 2 ans avec des personnes sans-abri*, la biscuiterie du Carillon proposera bientôt à 57 personnes une remise au travail progressive autour de la confection des Biscuits de la joie
(une recette monacale ancestrale à base de farine d’épeautre) mis en vente dans les boutiques du réseau. Dernière marche avant l’emploi : les salariés en insertion de la biscuiterie pourront être détachés auprès des commerçants pour effectuer des missions ponctuelles (laver les vitres, déménager une cave, installer une terrasse…), en pariant qu’en fin de parcours, le commerçant embauchera celui qui, quelque temps auparavant, faisait la manche devant sa porte…