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Turbulences boursières de l’été

ARTY à la manœuvre, les explications en vidéo.

La période estivale aura été particulièrement délicate pour le marché des actifs risqués en général et des obligations d’entreprises en particulier, prises en tenaille entre des forces souvent contradictoires.

ARTY, fonds diversifié privilégiant les actifs de rendement, perd 7,4% en deux mois pour inscrire une performance annuelle négative de 6,4%.

Environnement des taux d’intérêt

L’envolée du prix des matières premières au premier semestre, possible prémice d’effets inflationnistes en zone euro selon la BCE, a ainsi poussé Jean-Claude Trichet à poursuivre son cycle de resserrement monétaire entamé au printemps pour porter son taux d’intervention à 1,5% le 7 juillet.

Malgré cette posture rigoureuse, le rendement des emprunts d’Etat allemands a inscrit un nouveau record historique de faiblesse au cours du mois d’août (2.03% sur le Bund à 10 ans), preuve du stress persistant sur les dettes souveraines des pays périphériques européens. Parallèlement, malgré un « downgrade » retentissant de la notation des Etats-Unis par S&P, le TNote américain voyait lui aussi son rendement s’effondrer et passer pour la première fois de son histoire sous les 2.00%.

Pourtant, malgré moults retards et atermoiements, des avancées significatives ont été réalisées au cours de l’été. Le sommet européen du 21 juillet constitue un progrès notable dans le chemin vers une meilleure gouvernance économique. Cette volonté d’intégration budgétaire et fiscale était réaffirmée avec force par la conférence de presse commune franco-allemande du 16 août. La BCE transgressait même à nouveau un de ses tabous en procédant à l’achat massif (plusieurs dizaines de milliards d’euros) d’obligations d’Etat italiennes et espagnoles, faisant refluer les taux à 10 ans de ces deux pays d’environ 150 bp vers 5% de rendement. Malgré tout, le marché doute toujours de l’application réelle des décisions prises et plus généralement, de la détermination des gouvernements européens.

Comme si ces doutes sur la volonté politique ne suffisaient pas, le ralentissement de la croissance de l’économie américaine (révisée à un maigre + 1.% en rythme annuel au second trimestre) couplé au surplace de la France et de l’Allemagne (0% et + 0,1% sur la même période) laissent entrevoir une période longue de croissance faible pour les économies développées, voire une probabilité accrue de récession. Les primes de risque se sont ainsi écartées au rythme des révisions à la baisse des PIB des pays membres du G7.

C’est dans ce contexte pour le moins compliqué qu’évoluent les obligations d’entreprises : si les émetteurs avec les meilleures notations profitent de leur bilan solide et de la baisse des taux sans risque de référence, les entreprises notées « High Yield », cycliques ou endettées souffrent des perspectives économiques moroses et voient leur prime de risque s’écarter considérablement.

ARTY

La baisse de l’exposition au risque de votre fonds entamée en juin n’aura pas suffi à le protéger de la violence des mouvements. La part de liquidité a ainsi été montée à plus de 14%, l’exposition aux obligations (notamment « High Yield ») réduite à 51,9% et celle aux actions à 33%, après avoir touché un point bas de 26,4% mi-août.

La partie la moins bien notée de la poche obligataire a été particulièrement touchée par l’extrême volatilité du marché ainsi que par la faible liquidité estivale. A titre d’exemple, CONTINENTAL 2017 a vu son rendement actuariel passer de 6,25% au printemps à plus de 8,50% aujourd’hui. Avec un échéancier de dette sensiblement amélioré par rapport à 2009 et une liquidité accessible (facilité de crédit de 6Md€ obtenue cette année), la situation est fort différente de celle de 2009. L’ensemble des obligations détenues en portefeuille affiche un rendement actuariel moyen de 5,6%.

Sur la poche actions, nous continuons de privilégier les entreprises exposées à la croissance mondiale ou détentrices de rentes locales génératrices de dividendes. Seule hausse de la période, UNILEVER (+2,7%) bénéficie d’un portefeuille de clientèle mondiale et d’un bon « pricing power » que la croissance organique de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre est venue confirmée (+7,1%).

Alors que les valorisations des actions européennes restent bien inférieures à leurs consœurs américaines ou émergentes, les dividendes versés (5,8% de rendement) devraient constituer un socle sur lequel s’appuyer.