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L’acier peut se recycler indéfiniment et à 100%

L’industrie de l’acier constitue l’une des industries les plus émettrices de CO2  (6% des émissions totales de CO2 en Europe). Néanmoins, si son processus de fabrication est polluant, l’acier présente des qualités environnementales certaines : de par ses vertus magnétiques, l’acier peut être récupéré et séparé parmi tout type de déchets, il peut se recycler indéfiniment et à 100%. Il est recyclé à plus de 62% en Europe, ce qui en fait actuellement le matériau avec le meilleur taux de réutilisation.

ARCELORMITTAL, premier producteur mondial d’acier est également le premier émetteur de CO2 en millions de tonnes parmi les 500 émetteurs recensés dans le rapport 2010 du Carbon Disclosure Project (initiative de reporting à l’échelle mondiale des émissions de gaz à effet de serre). Le groupe, mal noté lors de notre premier entretien sur les enjeux de développement durable, a réalisé des progrès, même s’il reste encore du chemin à parcourir !  Avec 2,15t de CO2 émises par tonne d’acier produite, le groupe reste au-dessus de la moyenne européenne (1,65tCO2/t) mais ce chiffre diminue tous les ans depuis 2008. Par ailleurs, le groupe est reparti en 2010 sur une augmentation des investissements (347M$) pour améliorer l’efficacité énergétique. L’essentiel des investissements porte sur les procédés de récupération des gaz rejetés.

Le domaine dans lequel le groupe a le plus progressé est incontestablement la sécurité des salariés : sous l’impulsion forte du management, le taux de fréquence des accidents est devenu le plus faible de la profession sur l’activité sidérurgique. Dans l’activité minière, ce taux a été divisé par plus de 2 en deux ans. Toutefois, l’objectif de réduction des accidents de 20% par an n’a pas été atteint en 2010 et le nombre de décès au travail a augmenté (40 décès en 2010). Face à ces résultats jugés insuffisants, Lakshmi Mittal a convoqué l’ensemble du Conseil et du Comité exécutif pendant deux jours pour définir un plan d’action (renforcement de la formation des salariés et modernisation des mines au Kazakshtan pour un budget de 300 millions de $).

A l’issue de notre deuxième entretien, notre appréciation du risque extra-financier du groupe s’est améliorée mais nous attendons qu’il poursuive ses efforts car il est encore loin du statut de « Best in class » que l’on est en mesure d’attendre de la part d’un leader mondial.

Marie-Ange VERDICKT pour la Lettre d’information FINANCIERE DE L’ECHIQUIER