<< Retour aux actualités

Place aux femmes dans les conseils d’administration !

55% des nouveaux mandats d’administrateurs ont été attribués à des femmes au sein des entreprises du SBF 120, selon le panorama des pratiques de gouvernance publié par le cabinet Ernst&Young, en 2013.

Mieux, l’ouverture des conseils s’accélère : de 8% de femmes dans les conseils du SBF 120 en 2010, elles ont désormais franchi la barre des 22% en 2013. Voilà donc l’objectif légal de 20% de femmes dans les conseils en 2014 dépassé. Cette année marque, par ailleurs, la fin des conseils exclusivement masculins au sein du CAC40 qui comptent désormais au moins une femme chacun, depuis le rattrapage des derniers retardataires STMICROELECTRONICS et EADS. Avec 22% de femmes dans ses conseils d’administration, la France décroche ainsi la palme européenne, devant la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, qui atteignent respectivement des taux de 19%, 17% et 10% en moyenne. Saluons donc nos champions français, PUBLICIS, TECHNIP, ACCOR ou encore le groupe MICHELIN qui comptent 50%, 42%, 40% et 38% de femmes dans leurs rangs au conseil d’administration.

Pas d’angélisme toutefois, le chemin reste long avant d’atteindre l’objectif légal de 40% de femmes dans les conseils d’ici 2017, pour les sociétés réalisant un chiffre d’affaires minimum de 50 Me par an et employant plus de 500 salariés. Rappelons également que ce nouvel élan féminin imposé par la loi présente des limites. La nécessité de recourir aux quotas peut, en effet, sonner comme une défaite, même s’il faut saluer les résultats rapides de cette approche pragmatique. Cette course au recrutement féminin a, par ailleurs, eu un effet paradoxal : elle a poussé les dirigeantes les plus courtisées, c’est-à-dire ayant exercé une fonction exécutive au sein d’une grande entreprise, à cumuler les mandats. Résultat : si la loi a créé une vraie dynamique, elle peine à faire émerger de nouveaux profils d’administrateurs dans le paysage français. Au-delà de l’objectif légal, il nous semble essentiel de favoriser en priorité l’expertise d’administrateurs capables de faire valoir des compétences en adéquation avec les besoins des entreprises. Surtout, cette marche en avant féminine ne doit pas s’arrêter aux portes des conseils d’administration. On peut ainsi regretter que la hausse fulgurante du nombre d’administratrices ne se soit pas traduite par un bond équivalent dans les équipes de direction des sociétés cotées. A ce titre, notons la performance du groupe CGG qui compte non seulement 1/3 de femmes au conseil mais également 30% de femmes au sein de son comité exécutif. Finalement, l’arrivée des femmes dans les instances dirigeantes ne relève pas uniquement d’une exigence d’équité, elle est source de diversité et constitue ainsi un gage de performance.