Avy Amiel

Enfant majeur : faut-il opter pour le rattachement au foyer fiscal ?

Votre enfant majeur est en principe imposé personnellement et doit déclarer ses éventuels revenus séparément. Mais vous pouvez continuer à le rattacher à votre foyer fiscal s’il a moins de 21 ans ou moins de 25 ans et poursuit des études.

Le sujet est d’actualité car vous allez bientôt remplir votre déclaration des revenus 2020 et c’est notamment à ce moment-là que le choix du rattachement peut aussi se faire. Il permet de bénéficier d’une économie d’impôt grâce au système du quotient familial. Mais cette économie peut être moins intéressante que celle liée à la déduction d’une pension alimentaire versée à un enfant qui a pris son indépendance. Voici quelques explications pour pouvoir choisir la meilleure solution.

Qu’est-ce que le quotient familial ?

Le quotient familial désigne le nombre de parts affectées à votre foyer fiscal pour le calcul de l’impôt sur le revenu (IR). Ce nombre de parts dépend de votre situation de famille et du nombre de personnes à charge. Il permet d’atténuer la progressivité de l’IR. Le quotient familial est le montant de votre revenu net imposable divisé par le nombre de parts de votre foyer. Si vous êtes célibataire, vous êtes imposé(e) sur la base d’une part de quotient familial ; si vous êtes marié(e) ou pacsé(e), sur la base de 2 parts. Si vous avez des enfants à charge, vous pouvez bénéficier de parts supplémentaires , par exemple une demi-part pour le 1er et le 2e enfant, ou encore une part pleine à compter du 3e.

Quels sont les avantages fiscaux liés au rattachement d’un enfant majeur ou au versement d’une pension alimentaire ?

Le rattachement d’un enfant majeur permet de diminuer le montant de votre IR. Mais cette majoration fait l’objet d’un plafonnement qui en limite l’avantage fiscal. L’économie d’impôt maximale pour chaque demi-part supplémentaire est de 1 570 €.

Si votre enfant n’est pas rattaché à votre foyer fiscal et qu’il ne dispose pas de revenus suffisants, vous avez la possibilité de lui verser une pension alimentaire.

Cette aide peut aussi se caractériser par la prise en charge de son logement, de sa scolarité et son entretien. Pour les parents, cette pension est déductible dans la limite de 5 959 € par enfant et par an. Dans cette situation, vous ne pouvez plus compter votre enfant à charge et perdez la demi-part ou la part liée à son rattachement. Votre avantage fiscal lié à la déduction de la pension alimentaire est fonction de votre tranche marginale d’imposition à l’IR.

De son côté, votre enfant devra déclarer cette pension reçue mais s’il n’a pas d’autres revenus, il ne sera pas imposable.

Est-il plus intéressant de rattacher ou détacher son enfant majeur ?

Nous observons dans le tableau ci-dessous par exemple que pour les familles de moins de trois enfants rattachés au foyer fiscal soumises à une tranche marginale d’imposition de 30% et plus, la déduction d’une pension sera plus intéressante que le rattachement de l’enfant.

Il est indispensable de faire les calculs pour trouver la meilleure solution fiscale. Elle dépend notamment de votre tranche marginale d’imposition, du montant éventuel des revenus imposables de votre enfant ainsi que d’autres avantages fiscaux qu’il peut vous apporter. Une étude précise de votre situation permettra d’éviter que l’économie d’impôt obtenue d’un côté soit reprise de l’autre par l’administration fiscale !