L’horizon de placement : à quoi sert-il et comment le définir ?

 

Souvent, les épargnants pensent qu’investir efficacement revient à sélectionner les bons produits financiers ou à anticiper les mouvements des marchés. 

Mais il existe une étape préalable bien plus simple, et pourtant fondamentale : se projeter dans l’avenir pour déterminer ses besoins financiers, afin de définir un ou plusieurs horizons de placement.

 

Qu’est-ce qu’un horizon de placement ?

L’horizon de placement est la durée pendant laquelle vous pouvez placer une certaine somme d’argent.

On parle parfois d’horizon “court terme” pour désigner les échéances de moins de 3 ans, de “moyen terme” pour les échéances comprises entre 3 et 5 ans, et de “long terme” pour les échéances au-delà de 5 ans, mais ces termes n’ont rien d’officiel.

Il peut également exister un horizon à très long terme, lorsque la transmission intergénérationnelle entre en jeu par exemple, ou pour la gestion des placements d’une fondation.

 

Comment définir son horizon de placement ?

Vous n’aurez jamais un unique horizon de placement. 

Faites le point sur vos besoins financiers futurs, c’est-à-dire les sorties de trésorerie prévisibles et importantes que vous ne pourrez pas financer en puisant dans vos revenus mensuels.

Vous pouvez par exemple :

  • avoir besoin de constituer un apport pour un achat immobilier prévu l’année prochaine,

  • anticiper le financement des études de vos enfants à horizon 5 à 10 ans,

  • épargner pour votre retraite afin d’obtenir des revenus complémentaires dans 20 ans.

Vous devez ainsi organiser votre patrimoine financier en couches qui se superposent, chacune correspondant à un besoin, à un montant, et à un horizon de temps.

Bien entendu, votre vie évolue et vos projets aussi : vos horizons de placement varient dans le temps. Vous devez périodiquement les réviser.

 

Pourquoi respecter son horizon de placement ?

Si l’horizon de placement était une destination, le placement serait le véhicule qui vous y emmène. Vous devez veiller à choisir les bons placements pour chaque horizon : cette cohérence vous permettra de maximiser votre potentiel de rémunération tout en limitant les risques. Si le choix des placements est inadapté à l’horizon de placement, des risques peuvent apparaître.

Par exemple, placer l’épargne destinée à la retraite (un horizon long) sur son Livret A (un support de placement adapté au court terme) n’est pas optimal. Cela crée un manque à gagner important, car vous n’obtenez pas la rémunération à laquelle vous auriez pu prétendre. Vous êtes donc contraint(e) d’augmenter votre effort d’épargne… ou de vous contenter de moins d’argent à la retraite.

De même, choisir des placements destinés au long terme alors que votre horizon est court engendre une prise de risque accrue. Vous n’allez pas placer en bourse l’argent destiné à un achat immobilier important prévu dans 6 mois : les variations du marché risquent de réduire votre apport, ce qui peut, dans le pire des cas, remettre en cause votre projet immobilier.

Enfin, certains placements sont illiquides, c’est-à-dire difficiles à vendre avant une certaine durée. C’est le cas du private equity par exemple : l’investissement au capital d’entreprises non cotées. Pour d’autres placements, la durée de détention longue tient aux frais d’entrée élevés (comme pour les SCPI), ou à un avantage fiscal acquis au bout d’une certaine durée de détention.

Pour toutes ces raisons, connaître et respecter ses horizons de placement est particulièrement important.

 

Quel placement choisir en fonction de l’horizon ?

Chaque placement est assorti d’un document d’informations clés (appelé DIC ou DICI), qui présente le niveau de risque du placement et sa durée minimale d’investissement recommandée.

Pour chacun de vos projets, choisissez des produits dont la durée recommandée correspond à votre horizon. Pour mieux vous y retrouver, vous pouvez aussi ouvrir plusieurs enveloppes de placement, chacune étant affectée à un grand projet d’épargne.

 

Quels sont les meilleurs placements à court terme ?

Pour placer de l’argent à un horizon inférieur à deux ou trois ans, les livrets bancaires et les fonds (OPCVM) monétaires et obligataires à court terme sont les plus adaptés. Ils sont majoritairement composés de titres obligataires émis par des entreprises ou des États.

Ces placements sont très peu risqués et offrent des perspectives de rendement faibles. Ils doivent être utilisés lorsque vous cherchez avant tout à limiter au maximum le risque de perte en capital, éventuellement en compensant l’inflation, mais seront incapables de valoriser votre patrimoine dans la durée.

Tout est cependant question de mesure. Plus vous vous rapprochez des 3 ans, plus vous pouvez commencer à introduire, avec modération, des produits dont l’espérance de gain – et le risque, qui en est la contrepartie – sont plus élevés.

 

Quels sont les meilleurs placements à moyen et long terme ?

Votre horizon est supérieur à 3 ans ? Alors vous pouvez vous permettre de prendre du risque. Vous pouvez, au moins partiellement, investir en actions, c’est-à-dire dans le capital d’entreprises. Vous pouvez aussi investir en immobilier, que ce dernier soit physique ou “papier” sous forme de SCPI. L’immobilier demande toutefois un horizon un peu plus long terme que les actions.

Les actions ont historiquement une rentabilité bien supérieure aux placements sans risque, cette rentabilité vient en contrepartie d’une volatilité importante et donc d’un risque de perte en capital. En conservant vos placements dans la durée, vous réduisez la probabilité de perte en capital.

Ce graphique représente la probabilité historique d’obtenir une rémunération positive selon la durée de détention, en investissant sur le CAC 40 Net Total Return, l’indice représentatif des actions des grandes entreprises françaises, dividendes nets réinvestis.

 

Lecture : historiquement, en investissant sur le CAC 40, un investisseur aurait eu 72 % de chances d’obtenir une rémunération positive s’il avait détenu son placement seulement 1 an. Ce chiffre monte à 87 % pour les périodes de détention de 10 ans, et à 100 % à 20 ans : historiquement, aucune période de 20 ans n’a été négative. 

Les performances passées ne présagent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Le CAC 40 est un indice boursier regroupant les 40 plus importantes capitalisations boursières françaises cotées à la bourse de Paris. Il n’est pas représentatif de l’ensemble des marchés financiers internationaux.

Investir sur des durées longues permet de réduire l’incertitude. Investir à long terme vous évitera aussi la difficile tâche de devoir anticiper les fluctuations de marché (voir notre article sur le bon moment pour investir en Bourse).

 

Adaptez votre enveloppe fiscale à votre horizon de placement

Les enveloppes fiscales telles que le Plan d’Épargne en Actions, l’Assurance-vie ou le Plan d’Épargne Retraite…) sont idéales pour détenir des placements à long terme. Elles offrent en effet un cadre fiscal plus avantageux en contrepartie d’une détention longue. N’hésitez surtout pas à les utiliser !

De même, la détention de SCPI en nue-propriété temporaire peut adoucir la fiscalité sur les revenus fonciers, en échange de l’absence de revenus pendant une période donnée, que vous calez sur votre horizon de placement.

 

Comment LFDE vous aide à définir vos horizons de placement

Votre horizon temporel est un critère important pour déterminer comment votre patrimoine est investi. Ce n’est pas le seul critère, bien sûr. D’autres facteurs entrent en jeu : votre capacité d’épargne présente et à venir, votre besoin de revenus complémentaires, votre tolérance à l’incertitude…

Votre gérant privé vous pose les questions susceptibles de vous aider à définir vos horizons de placement. Il détermine avec vous votre “profil d’investisseur” ou “profil de risque” en tenant compte de votre situation personnelle, et les fait évoluer dans le temps au fil de vos entretiens.

Inutile par exemple de vous cantonner à des placements très conservateurs lorsque vous n’avez aucun projet ou besoin à court terme ! Vous risquez en effet de sous-financer vos projets. Parfois, refuser le risque peut être un risque plus grand que le risque lui-même.

Un horizon long peut être le meilleur allié de votre patrimoine, en permettant de prendre un risque maîtrisé dans les limites de votre tolérance à la volatilité. 

Votre gérant privé est là pour vous accompagner afin de trouver la meilleure cohérence entre votre patrimoine et les enjeux financiers qui jalonnent votre vie.

 

Pour résumer

  • L’horizon de placement est la durée pendant laquelle vous pouvez immobiliser et valoriser votre argent.

  • Plusieurs horizons s’offrent à vous : ils s’apprécient selon les poches de patrimoine et peuvent varier dans le temps.

  • Choisissez des placements dont la durée de détention recommandée correspond à chacun de vos horizons de placement.

  • Plus votre horizon est long, plus vous pouvez prendre des risques et espérer une bonne rémunération.

  • Organiser une allocation optimale de ses efforts d’épargne, ou déployer une stratégie individuelle dans le temps en fonction de ses projets s’apprend !